Impôts sur les cryptomonnaies au Mexique : revenus et gains en capital

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Impôts sur les cryptomonnaies au Mexique : revenus et gains en capital

Si vous possédez des cryptomonnaies au Mexique, vous devez savoir que chaque vente, échange ou utilisation peut déclencher une obligation fiscale. Contrairement à ce que beaucoup pensent, le Mexique n’a pas de loi spécifique pour les cryptomonnaies. Mais cela ne veut pas dire que vous êtes exonéré. Au contraire, vos transactions sont régies par les lois existantes sur l’impôt sur le revenu et la TVA, et les autorités les traitent comme des biens mobiliers intangibles. Cela change tout.

Comment sont classées les cryptomonnaies au Mexique ?

Les cryptomonnaies ne sont pas une monnaie légale. Elles ne sont pas non plus des actifs financiers comme les actions ou les obligations. Selon le Code civil fédéral mexicain (articles 758 et 763), elles sont considérées comme des biens mobiliers intangibles. C’est une distinction cruciale. Cela signifie que chaque fois que vous les vendez, les échangez contre un autre actif numérique, ou même que vous les utilisez pour acheter un café, vous effectuez une vente de bien. Et une vente, c’est un événement taxable.

Contrairement aux États-Unis ou à l’Allemagne, où les règles sont plus détaillées, le Mexique n’a pas de directives officielles sur les airdrops, le staking ou les hard forks. Les experts fiscaux s’appuient sur l’interprétation des lois existantes. Si vous recevez des récompenses de staking, cela compte comme un revenu au moment où vous les obtenez. Si vous minez du Bitcoin, la valeur de la monnaie minée à ce moment-là est imposable comme un revenu ordinaire. Il n’y a pas de grâce fiscale pour les nouvelles formes de gains.

Impôts sur les particuliers : un système progressif sans distinction

Les particuliers mexicains paient des impôts sur leurs gains en cryptomonnaies selon un barème progressif allant de 1,92 % à 35 %. Il n’y a pas de distinction entre revenu ordinaire et gain en capital. Un gain de 10 000 pesos sur une vente de Ethereum est traité exactement comme un salaire supplémentaire. La seule exception ? Une exemption annuelle de 90 000 pesos (environ 4 000 USD) sur les gains provenant de la vente d’actifs mobiliers. Cela inclut les cryptomonnaies.

Si vos gains annuels totaux en crypto restent en dessous de 90 000 pesos, vous n’avez rien à déclarer. Mais dès que vous dépassez ce seuil, tout ce que vous avez gagné au-delà est imposable. Pour un trader actif, cela peut être un piège. Un échange de Bitcoin contre Solana ? Taxable. Une transaction de 500 pesos pour payer un service en Dogecoin ? Taxable. Même si vous ne convertissez jamais en pesos, chaque échange crée une obligation fiscale.

Le problème ? La plupart des gens ne gardent pas de trace précise de chaque transaction. Ils utilisent plusieurs portefeuilles, des exchanges différents, des achats en ligne. Sans un suivi rigoureux, vous risquez de sous-déclarer ou de vous retrouver avec une facture fiscale surprise. La loi exige que vous conserviez la date d’achat, le prix payé en pesos, le nom de l’exchange, et la valeur marchande au moment de la vente. Le système de first-in, first-out (FIFO) est généralement appliqué, même s’il n’est pas officiellement confirmé par les autorités fiscales.

Impôts sur les entreprises : un taux fixe de 30 %

Si vous êtes une entreprise mexicaine et que vous investissez dans des cryptomonnaies, la règle est simple : 30 % d’impôt sur les bénéfices. Pas de distinction entre court et long terme. Pas de déduction pour les pertes. Même si vous achetez du Bitcoin à 20 000 USD et le vendez à 25 000 USD six mois plus tard, vous payez 30 % sur les 5 000 USD de profit. Et si vous utilisez vos cryptomonnaies pour payer vos fournisseurs ? C’est une vente. Vous devez calculer la valeur au jour de la transaction et payer l’impôt sur la différence entre le coût d’acquisition et la valeur de vente.

Les entreprises doivent aussi se conformer aux obligations de lutte contre le blanchiment. Toute transaction en cryptomonnaies supérieure à 3 500 USD (ou son équivalent en pesos) doit être déclarée au ministère des Finances. Cela inclut les paiements entre entreprises. Même si vous n’êtes pas une banque ou une fintech, vous êtes soumis à ces règles. Le non-respect peut entraîner des amendes sévères, voire des investigations.

Un client paie un café en cryptomonnaie tandis qu'un inspecteur fiscal apparaît en spectre.

La TVA sur les cryptomonnaies : un terrain flou

La TVA s’applique-t-elle aux transactions en cryptomonnaies ? La réponse officielle : personne ne le sait vraiment. Mais la majorité des experts fiscaux estiment que oui. Puisque les cryptomonnaies sont des biens mobiliers, leur échange ou leur vente est soumis à la TVA standard, qui est de 16 % dans la plupart des régions du Mexique. Par exemple, si vous vendez un service en échange de Ethereum, vous devez facturer la TVA sur la valeur en pesos du Bitcoin au moment de la transaction.

Cependant, aucune directive officielle du SAT (Service d’administration fiscale mexicain) ne confirme cela. Cela crée une zone grise. Certains entrepreneurs choisissent de ne pas appliquer la TVA, en se basant sur le manque de clarté. Mais c’est un risque. Si le SAT décide plus tard que la TVA devait être appliquée, vous pourriez être tenu de payer les arriérés, avec des pénalités.

Les transactions à éviter : les pièges fiscaux

Voici trois scénarios courants qui peuvent vous coûter cher si vous ne les gérez pas bien :

  • Échanger une crypto contre une autre : Cela ne semble pas une vente, mais pour les autorités, c’est une vente du premier actif et un achat du second. Chaque échange crée un gain ou une perte taxable. Un trader qui effectue 10 échanges par jour peut avoir 10 événements fiscaux en une seule journée.
  • Utiliser des cryptomonnaies pour payer des biens ou services : Même pour un petit achat. Si vous achetez un téléphone avec 0,05 BTC, vous devez déclarer la valeur en pesos de ce BTC au moment de l’achat, et payer l’impôt sur la différence entre ce que vous avez payé pour ce BTC et sa valeur à ce moment-là.
  • Recevoir des récompenses de staking ou de mining : Le moment où vous recevez la récompense est le moment où elle est imposable. Vous ne pouvez pas attendre de la vendre pour déclarer. Vous devez enregistrer la valeur en pesos au jour de la réception.
Un comptable examine des registres holographiques de transactions cryptographiques dans un bureau futuriste.

Comment se conformer : les bonnes pratiques

La clé pour éviter les problèmes, c’est la traçabilité. Voici ce que vous devez faire :

  1. Utilisez un logiciel de suivi des transactions (comme Koinly, CoinTracker ou un outil local adapté) pour importer automatiquement vos transactions de tous vos portefeuilles et exchanges.
  2. Convertissez chaque transaction en pesos mexicains à la date de l’événement. Utilisez le taux de change de la Banque du Mexique ou d’une source fiable.
  3. Calculez votre coût moyen ou votre FIFO pour chaque actif. Ne vous fiez pas à la mémoire.
  4. Conservez les preuves : captures d’écran des transactions, reçus des exchanges, historiques de portefeuille.
  5. Si vos gains dépassent 90 000 pesos, déclarez-les dans votre déclaration annuelle d’impôt sur le revenu.

Les entreprises doivent aussi tenir un registre des transactions supérieures à 3 500 USD et les signaler au ministère des Finances. Même si vous n’êtes pas une fintech, vous êtes concerné.

Et si vous n’êtes pas résident mexicain ?

Si vous êtes un étranger qui possède des cryptomonnaies mais que vous ne vivez pas au Mexique, vous n’êtes généralement pas imposable ici. Même si vous vendez à un Mexicain ou utilisez un exchange mexicain, l’impôt ne s’applique pas. Le Mexique ne taxe pas les non-résidents sur les gains en capital provenant de cryptomonnaies. Mais attention : votre pays d’origine peut vous réclamer des impôts. La règle est simple : vous êtes imposable là où vous êtes résident fiscal.

Le futur : que nous réserve la loi ?

En 2025, le gouvernement mexicain n’a pas proposé de réforme majeure. La présidente Claudia Sheinbaum n’a pas fait de la cryptomonnaie une priorité. Les amendements récents visent à renforcer la lutte contre le blanchiment, pas à créer un cadre fiscal clair. La tendance reste à la prudence : plus de contrôle, pas de facilité.

Les experts prédisent que dans les prochaines années, le SAT publiera des lignes directrices plus précises. Mais pour l’instant, vous devez vous conformer à la loi existante - même si elle n’est pas faite pour les cryptomonnaies. La meilleure stratégie ? Ne pas attendre les règles. Agissez comme si elles existaient déjà.

Les gains en cryptomonnaies sont-ils exonérés jusqu’à 90 000 pesos au Mexique ?

Oui, les particuliers mexicains bénéficient d’une exemption annuelle de 90 000 pesos (environ 4 000 USD) sur les gains provenant de la vente d’actifs mobiliers, y compris les cryptomonnaies. Cela signifie que si vos gains totaux en crypto sur une année ne dépassent pas ce montant, vous n’avez pas à les déclarer. Tout dépassement est imposable selon votre tranche d’imposition progressive, pouvant aller jusqu’à 35 %.

Dois-je payer de la TVA quand j’achète quelque chose avec des cryptomonnaies ?

Il n’y a pas de réponse officielle, mais la plupart des experts fiscaux estiment que oui. Puisque les cryptomonnaies sont considérées comme des biens mobiliers, leur utilisation pour payer un bien ou service équivaut à une vente, et la TVA de 16 % s’applique à la valeur en pesos du bien ou service à la date de la transaction. Même si vous n’appliquez pas la TVA, vous prenez un risque fiscal.

Les échanges entre cryptomonnaies sont-ils taxables ?

Oui. Échanger du Bitcoin contre de l’Ethereum est traité comme une vente du Bitcoin et un achat de l’Ethereum. Vous devez déclarer le gain ou la perte sur le Bitcoin au moment de l’échange, basé sur la valeur en pesos au jour de la transaction. Même si vous ne convertissez jamais en pesos, chaque échange est un événement taxable.

Que se passe-t-il si je ne déclare pas mes gains en cryptomonnaies ?

Vous risquez une amende de 20 % à 75 % du montant non déclaré, plus des intérêts de retard. En cas de fraude avérée, les pénalités peuvent atteindre 100 % du montant dû. De plus, les transactions supérieures à 3 500 USD sont déjà signalées aux autorités via les obligations de lutte contre le blanchiment. Le SAT peut donc vous retrouver facilement.

Les mineurs de cryptomonnaies sont-ils imposables ?

Oui. La cryptomonnaie minée est considérée comme un revenu au moment où elle est reçue. Vous devez déclarer sa valeur en pesos mexicains à ce moment-là, même si vous ne la vendez pas. Si vous la vendez plus tard, tout gain supplémentaire est à nouveau imposable. Les coûts liés à l’exploitation (électricité, matériel) peuvent être déduits si vous êtes une entreprise, mais pas pour les particuliers.

Cryptomonnaies

15 Commentaires

  • Paris Stahre
    Paris Stahre dit:
    décembre 11, 2025 at 13:15
    C’est fascinant comment un pays peut ignorer la technologie tout en la taxant. Les Mexicains n’ont pas de loi sur les crypto, mais ils veulent quand même leur part. Classique.
    Je préfère la Suisse.
  • Dominique Lelièvre
    Dominique Lelièvre dit:
    décembre 13, 2025 at 09:11
    Je trouve profondément étrange que l’on traite des actifs numériques comme des biens mobiliers... C’est comme classer un rêve comme un meuble. La loi n’a pas suivi la réalité, elle l’a piégée.
    La valeur n’est pas dans la possession, mais dans la confiance. Et la confiance, elle, n’est pas taxable.
  • Julien Malabry
    Julien Malabry dit:
    décembre 14, 2025 at 07:10
    Tu as raison de parler de traçabilité.
    Utilise un outil.
    Enregistre tout.
    Ne compte pas sur ta mémoire.
    Ça évite les mauvaises surprises.
  • James Kaigai
    James Kaigai dit:
    décembre 15, 2025 at 00:56
    J’adore comment le Mexique fait ça 😅
    On ne sait pas vraiment ce qui est légal... mais on te taxe quand même 🤷‍♂️💸
    Le vrai jeu : survivre à la bureaucratie sans perdre la tête.
  • Lizzie Perrin
    Lizzie Perrin dit:
    décembre 16, 2025 at 05:54
    J’ai lu ça hier et j’ai cru que c’était une blague... mais non... c’est réel... et j’ai fait une faute d’orthographe dans mon dernier échange... je crois que j’ai perdu 200 pesos... 😅
  • Adrien GAVILA
    Adrien GAVILA dit:
    décembre 17, 2025 at 22:53
    FIFO? Seriously? Who even uses FIFO anymore? It’s 2025. We’re dealing with blockchain, not 19th-century accounting. The SAT is still using typewriters and hope.
  • Arnaud Gawinowski
    Arnaud Gawinowski dit:
    décembre 18, 2025 at 00:19
    C’est une catastrophe. Une vraie catastrophe.
    Un jour, ils vont venir chez toi avec des papiers et te dire que ton Bitcoin de 2017 vaut 12 millions de pesos.
    Et tu vas devoir vendre ta maison.
    Je le sens. Je le sens dans mes os.
  • Andre Swanepoel
    Andre Swanepoel dit:
    décembre 19, 2025 at 16:25
    Je pense qu’on sous-estime à quel point cette ambiguïté protège les gens.
    Si les règles étaient claires, tout le monde serait stressé.
    Comme ça, on peut choisir d’ignorer... ou de se conformer.
    C’est presque une liberté.
  • Mehdi Alba
    Mehdi Alba dit:
    décembre 21, 2025 at 06:55
    Tu crois que c’est pour les impôts? Non.
    C’est pour tracer tout le monde.
    Chaque transaction. Chaque portefeuille. Chaque échange.
    Le gouvernement veut créer un profil de toi avant même que tu le saches.
    Et quand tu auras 500 000 pesos de gains... ils te prendront tout.
    Et ils diront que c’était pour ton bien.
    Je te le dis, c’est le début du contrôle total.
    Les crypto, c’était la liberté. Maintenant, c’est le piège.
  • Djamila Mati
    Djamila Mati dit:
    décembre 21, 2025 at 14:32
    Je trouve intéressant que les Français parlent de la fiscalité mexicaine comme si c’était un modèle.
    Le Mexique n’a pas de système parfait, mais il a une logique : l’État ne peut pas réguler ce qu’il ne comprend pas.
    Alors il se contente de surveiller.
    Et ça, c’est plus honnête que de prétendre contrôler l’incontrôlable.
  • Vianney Ramos Maldonado
    Vianney Ramos Maldonado dit:
    décembre 22, 2025 at 12:01
    Il convient de souligner que l’absence de réglementation spécifique ne saurait être interprétée comme une absence d’obligation fiscale.
    La doctrine juridique mexicaine, fondée sur le principe de légalité stricte, exige que toute imposition soit expressément prévue par la loi.
    Or, aucune disposition législative ne qualifie explicitement les cryptomonnaies comme des biens mobiliers intangibles aux fins de l’impôt sur le revenu.
    Par conséquent, toute imposition fondée sur une interprétation étendue du Code civil constitue une violation du principe de légalité fiscale, tel que consacré par la jurisprudence de la Cour suprême mexicaine en 2021.
  • Laurent Rouse
    Laurent Rouse dit:
    décembre 22, 2025 at 17:38
    Ah oui, bien sûr. Les Mexicains veulent notre argent.
    Et les Français, ils veulent qu’on leur donne notre argent pour payer leurs retraites.
    Et les Américains? Ils veulent qu’on leur donne notre argent pour financer leurs guerres.
    Et nous? On est juste des vaches à lait.
    Je déteste tout ça.
    Je déteste les impôts.
    Je déteste les gouvernements.
    Je déteste les banques.
    Je déteste les crypto.
    Je déteste tout.
  • Philippe AURIENTIS
    Philippe AURIENTIS dit:
    décembre 23, 2025 at 14:58
    J’ai utilisé Koinly pour la première fois cette année et j’ai eu une surprise : j’avais oublié une transaction de 2022.
    Je devais 1200 pesos.
    Je les ai payés en 10 minutes.
    Ça m’a fait du bien.
    Je me sens plus libre maintenant.
  • Denis Groffe
    Denis Groffe dit:
    décembre 25, 2025 at 12:32
    Tout ça c’est du vent. Les gars qui font du staking, ils croient qu’ils gagnent de l’argent mais en vrai ils finissent par payer plus en électricité que ce qu’ils gagnent.
    Et la TVA? Qui paye la TVA sur un airdrop? Personne. Parce que personne ne le déclare.
    Le système est pourri.
    Les lois sont des mensonges.
    Les experts sont des vendeurs de logiciels.
    Et toi? Tu crois encore que ça a un sens?
  • Jeremy Horn
    Jeremy Horn dit:
    décembre 27, 2025 at 10:51
    Ce qui est vraiment intéressant ici, c’est que le Mexique a choisi une approche pragmatique : il n’a pas tenté de réinventer la fiscalité, il a juste appliqué ce qui existait déjà.
    Et ça, c’est une forme d’intelligence.
    Parce que la technologie évolue plus vite que les lois, et essayer de tout réguler à la main, c’est comme vouloir contenir l’océan avec un seau.
    Alors ils ont utilisé les outils qu’ils avaient - les lois sur les biens mobiliers, les règles de blanchiment, les barèmes progressifs - et ils les ont adaptés.
    Ça n’est pas parfait, mais c’est vivant.
    Et c’est peut-être ce qu’il faut : une fiscalité qui respire, qui bouge, qui évolue avec les gens, pas contre eux.
    Je trouve ça... humain.

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