Le Koweït a interdit tout ce qui touche aux cryptomonnaies : pas d’achat, pas de vente, pas de minage, pas même de transfert via une banque. Depuis juillet 2023, cette règle est appliquée sans exception. Et en 2025, les autorités n’ont pas relâché la pression - au contraire.
Une interdiction totale, pas une simple mise en garde
Contrairement à d’autres pays du Golfe qui ont créé des cadres pour encadrer les cryptos, le Koweït a choisi la voie de l’interdiction absolue. La Banque centrale du Koweït (CBK), l’Autorité des marchés des capitaux (CMA), l’Unité de régulation des assurances et le ministère de l’Industrie et du Commerce ont tous signé des circulaires identiques : aucune activité liée aux cryptomonnaies n’est autorisée. Pas même le minage. Pas même l’envoi d’argent à un exchange étranger. Pas même l’achat de Bitcoin via un ami.
Les banques locales - toutes les 45 - sont formellement interdites de traiter toute transaction en crypto. Si vous essayez de transférer des fonds provenant d’un exchange comme Binance ou Coinbase, votre compte sera gelé. Et si vous êtes un commerçant qui accepte les paiements en Bitcoin ? Vous risquez une amende de 50 000 dinars koweïtiens (environ 164 000 $), voire jusqu’à cinq ans de prison.
Le minage, une menace pour le réseau électrique
Le minage de cryptomonnaies consomme énormément d’électricité. Au Koweït, où 95 % de l’énergie vient du pétrole, ce gaspillage est inacceptable. Les autorités ont mis en place des systèmes de détection pour repérer les foyers ou entreprises qui consomment 10, 15, voire 20 fois plus d’électricité que la normale.
En mai 2025, un quartier d’Al-Wafra a été ciblé : plus de 100 foyers avaient une consommation anormale. Des centaines de machines de minage ont été saisies. Des raids ont été menés dans des entrepôts, des bureaux, même des appartements. En 2024, 89 opérations de ce type ont été menées. En 2025, elles ont augmenté de 40 % au premier trimestre.
Les opérations de minage ne sont plus seulement illégales - elles sont devenues une affaire de sécurité nationale. L’État ne veut pas que son réseau électrique s’effondre à cause de quelques mineurs qui utilisent des machines de haute puissance en cachette.
Les banques sont devenues des gardiens de la loi
Les banques koweïtiennes ne sont plus seulement des institutions financières. Elles sont devenues des agents de contrôle. Depuis 2023, chaque employé de banque doit suivre une formation obligatoire sur les normes du Groupe d’action financière (FATF), en particulier la Recommandation 15, qui traite des cryptomonnaies et du blanchiment d’argent.
Chaque transaction suspecte doit être signalée. Un simple virement vers un portefeuille crypto étranger peut déclencher une enquête. En 2024, 147 violations ont été identifiées dans le secteur bancaire. Les amendes ont totalisé 8,2 millions de dollars. Les comptes ont été fermés. Les clients ont été exclus. Et les banques ont appris à regarder avec suspicion tout transfert venant de l’étranger, surtout s’il est en cryptomonnaie.
Le marché souterrain prospère - avec des risques énormes
Malgré l’interdiction, les Koweïtiens continuent d’utiliser les cryptomonnaies. En secret. Par Telegram. Par des groupes WhatsApp. Par des échanges peer-to-peer.
Un groupe Telegram dédié aux cryptos au Koweït compte plus de 3 500 membres. Des gens y vendent des Bitcoin en échange de virement bancaire. Mais ce marché noir est dangereux. En janvier 2025, une escroquerie nommée « Bitcoin Kuwait » a volé 40 millions de dollars à des centaines de personnes. Les victimes pensaient acheter du vrai Bitcoin. Elles ont reçu une fausse monnaie qui a disparu en quelques jours.
Sur Trustpilot, les services liés aux cryptos au Koweït ont une note moyenne de 1,8 sur 5. Les commentaires parlent de comptes bloqués, de transferts perdus, de gens qui ont tout perdu. Mais certains disent aussi : « Je n’ai pas été arnaqué parce que je n’ai jamais utilisé d’exchange. »
Le Koweït est seul dans la région - et ça coûte cher
Les pays voisins ont choisi une autre voie. Les Émirats arabes unis ont créé une autorité dédiée (VARA) et attiré plus de 250 entreprises de crypto. Bahreïn a délivré 12 licences. L’Arabie saoudite en a accordé 7. Leur stratégie : encadrer, contrôler, tirer profit.
Le Koweït, lui, a choisi de ne rien faire. Résultat ? Entre 2023 et 2025, le pays a manqué plus de 1,2 milliard de dollars d’investissements dans la blockchain. Le secteur technologique stagne. Les jeunes talents partent vers Dubaï ou Riyad. Les entreprises locales ne peuvent pas utiliser la technologie blockchain pour améliorer leurs logistiques, leurs contrats ou leurs paiements.
Le Fonds monétaire international a noté que la politique du Koweït « réduit les risques à court terme », mais avertit que « les coûts économiques à long terme s’accumulent ». Le World Bank a classé le Koweït à la 127e place mondiale pour son environnement réglementaire sur les cryptos - contre la 28e place pour les Émirats.
Les opinions sont divisées - mais la loi ne bouge pas
Les experts locaux sont divisés. Dr. Abdulhadi Al-Khouri, du Koweït Institute for Scientific Research, soutient que « l’approche prudente est justifiée » face à la volatilité et aux arnaques. Mais Dr. Noura Al Dhaheri, chercheuse à l’Université Khalifa à Dubaï, dit que « l’interdiction totale crée un vide réglementaire qui pousse les activités sous terre - et augmente les risques ».
Sur Twitter, 67 % des discussions sur le sujet sont négatives. Les gens parlent de technologie bloquée, de jeunes qui ne peuvent pas apprendre la blockchain, de manque d’opportunités. Mais une minorité - souvent des chefs d’entreprise - louent la clarté : « Je n’ai pas besoin de me demander si un client me paie en crypto. Je sais que c’est interdit. C’est simple. »
Que se passera-t-il après 2030 ?
Les analystes du Carnegie Endowment pensent que le Koweït pourrait ouvrir un cadre pour la blockchain - mais seulement pour les applications non-cryptos. Par exemple : traçabilité des marchandises, contrats intelligents pour les contrats publics, registres fonciers numériques.
Le plan national de transformation numérique, doté de 500 millions de dollars, exclut explicitement les cryptomonnaies. Et la Banque centrale a déclaré en octobre 2025 qu’aucune évolution de la loi n’était prévue avant 2030.
En résumé : le Koweït a choisi la sécurité absolue. Il a sacrifié l’innovation pour éviter les risques. Mais cette stratégie a un prix : des opportunités perdues, des talents partis, et une population qui continue d’utiliser les cryptomonnaies - en cachette, et avec des risques bien plus grands.
Le minage de crypto est-il vraiment interdit au Koweït ?
Oui, totalement. Le minage, qu’il soit fait à domicile, dans un entrepôt ou un bureau, est interdit par la loi depuis juillet 2023. Les autorités utilisent des systèmes de détection de consommation électrique pour repérer les opérations. Les machines saisies sont confisquées, et les propriétaires risquent des amendes de jusqu’à 50 000 dinars koweïtiens (164 000 $) et jusqu’à cinq ans de prison.
Puis-je ouvrir un compte sur Binance ou Coinbase depuis le Koweït ?
Techniquement, oui - mais c’est risqué. Depuis mai 2025, les fournisseurs de télécoms au Koweït sont obligés de bloquer l’accès à 137 plateformes de crypto. Même si vous utilisez un VPN, votre banque peut détecter des tentatives de transfert vers ces sites. Si vous recevez des fonds d’un exchange, votre compte bancaire sera gelé. Les autorités surveillent activement ces transactions.
Qu’est-ce qui se passe si je reçois des cryptos en paiement pour mon entreprise ?
Vous commettez une infraction grave. Accepter des cryptomonnaies comme moyen de paiement est interdit. Votre entreprise sera sanctionnée par le ministère du Commerce, votre compte bancaire sera fermé, et vous pourriez être poursuivi pour blanchiment d’argent. Même si vous convertissez immédiatement les cryptos en dinars, la transaction initiale reste illégale.
Le Koweït va-t-il légaliser les cryptos à l’avenir ?
À court terme, non. La Banque centrale a affirmé en 2025 qu’aucune révision de la loi n’était prévue avant 2030. Cependant, le pays pourrait autoriser la blockchain pour des usages non-cryptos - comme la traçabilité des produits ou les contrats intelligents pour les marchés publics. Mais les cryptomonnaies comme Bitcoin ou Ethereum resteront interdites.
Pourquoi le Koweït interdit-il les cryptos alors que les Émirats les encouragent ?
Le Koweït a une culture financière très conservatrice et une dépendance énergétique au pétrole. Il considère les cryptos comme une menace pour la stabilité du système bancaire et une gaspillage d’électricité. Les Émirats, eux, veulent devenir un hub technologique mondial. Ils ont choisi de réguler pour contrôler, tandis que le Koweït a choisi d’interdire pour protéger. Ce sont deux stratégies opposées, mais toutes deux cohérentes avec leurs objectifs nationaux.
18 Commentaires
Je trouve fascinant comment une société peut choisir la sécurité absolue… au prix de son propre avenir. Le Koweït ne bloque pas juste les cryptos ; il bloque la pensée libre, la curiosité, la réinvention. Et pour quoi ? Pour préserver un système qui, en réalité, ne protège personne… seulement l’illusion de contrôle. C’est triste, vraiment. Et pourtant… c’est humain, non ?
Les gens veulent des solutions simples. Le Koweït en donne une. Pas jolie, pas moderne… mais claire. Et parfois, c’est ce qu’il faut.
Je trouve ça dingue mais en même temps… je comprends 😅 Le minage en pleine désert ? Avec la chaleur ? Et puis l’électricité ? C’est comme faire chauffer un four à gaz pour faire un café… c’est juste… trop. 🤦♂️
les gens qui disent que cest une bonne idee... je me demande si ils ont deja vu ce que ca fait de vivre dans un pays ou tout est interdit... meme les idees... je me trompe peut etre mais je crois que la peur ne fait pas une bonne base pour une economie... :/
Le FMI et la Banque mondiale sont des institutions de pensée unique, et leur métrique de « progrès » est biaisée par l’idéologie néolibérale. Le Koweït ne sacrifie pas l’innovation ; il refuse l’exploitation financière sous couvert de technologie. Blockchain ? Oui. Crypto ? Non. Distinction fondamentale. Vous confondez les outils et les idéologies.
On dirait que le Koweït vient de déclarer la guerre à l’avenir. Et les gens qui disent « c’est pour leur bien »… ils ont oublié que les dictatures commencent toujours par « c’est pour votre sécurité ». Je ne veux pas vivre dans un pays où mon ordinateur est un suspect.
J’ai un ami qui vit à Dubaï, il travaille dans la blockchain. Il m’a dit qu’il a vu des Koweïtiens venir en secret, acheter des serveurs, les cacher dans des camions, et les ramener chez eux. Il dit que c’est devenu une sorte de sport national… un jeu de cache-cache avec l’État. C’est fou. Personne ne parle de ça, mais ça existe. Et ça va continuer.
Et si c’était un piège ? Les Émirats ont tout accepté… mais maintenant ils surveillent chaque transaction, chaque portefeuille. Le Koweït interdit… mais les Émirats contrôlent. Qui est vraiment libre ? Qui est vraiment en sécurité ? La CIA, le Mossad, et les banques occidentales veulent que vous pensiez que les cryptos sont libres… mais elles sont juste plus discrètes. Le Koweït est le seul à dire la vérité : c’est un piège. Et vous, vous le suivez en pensant que vous êtes modernes… mais vous êtes des cobayes.
Je trouve intéressant que cette interdiction soit perçue comme un rejet de la modernité… alors qu’elle est en réalité un refus de la dépendance étrangère. Le Koweït préfère perdre des investissements que de perdre son autonomie. Ce n’est pas une régression. C’est une affirmation culturelle. Et c’est rare. Et courageux.
Il convient de souligner que la politique de non-intervention en matière de cryptomonnaies, telle qu’appliquée par les autorités koweïtiennes, constitue une manifestation exemplaire de la souveraineté économique nationale. En vertu des principes de la Charte des Nations Unies et des normes du Groupe d’action financière, il est impératif que les États conservent la capacité de définir leurs propres cadres réglementaires, indépendamment des pressions externes. Ce choix, bien qu’impopulaire dans certains cercles, reflète une rigueur institutionnelle inégalée.
Les Émirats sont des traîtres. Ils ont vendu leur âme aux banques américaines et aux fonds spéculatifs. Le Koweït, lui, garde son pétrole, son électricité, et sa dignité. Alors oui, on perd des investisseurs… mais on ne perd pas notre âme. Je suis fier de mon pays. Ceux qui veulent des cryptos… qu’ils aillent à Dubaï. Ici, on ne vend pas son avenir pour un token.
Je suis d’accord avec Julien. Parfois, la simplicité, c’est ce qu’il faut. Je préfère savoir que je ne risque pas d’être arnaqué par un site que je ne comprends pas. Je n’ai pas besoin de Bitcoin. J’ai mon salaire, ma maison, ma famille. Le reste, c’est du bruit.
La blockchain est une technologie neutre. Mais les cryptos sont une arme de destruction financière. Le Koweït a compris ce que les autres refusent de voir : que derrière chaque token, il y a une chaîne de spéculation, de fraude, de manipulation. Les Émirats ne sont pas des pionniers. Ils sont des poubelles pour l’argent sale. Le Koweït est le seul pays qui a eu le courage de dire non. Et les critiques ? Ce sont les mêmes qui ont encouragé les subprimes.
Je trouve que cette histoire est un excellent exemple de la tension entre modernité et tradition. Le Koweït a choisi de protéger ses ressources, sa stabilité sociale, et son identité culturelle. Mais ce n’est pas une fin. C’est un moment. Ce pays est riche, il a le temps. Il pourrait un jour ouvrir un cadre pour la blockchain, sans les cryptos. C’est ce que je crois. Et ça serait une belle solution : utiliser la technologie… sans la finance sauvage. Les jeunes vont apprendre. Ils vont créer. Ils vont trouver des façons de faire. Ils n’ont pas besoin de Bitcoin pour être innovants.
Je ne suis pas contre les cryptos, mais je comprends pourquoi le Koweït a fait ça. La consommation d’électricité, c’est un vrai problème. Et les arnaques… je vois trop de gens perdre tout. Mieux vaut une interdiction claire qu’un système flou où tout le monde se fait avoir.
Le Koweït n’est pas un modèle. C’est un désastre. Ils ont raté l’occasion de devenir un leader. Ils ont choisi la peur. Et maintenant, les jeunes partent. Les entreprises ferment. La technologie avance… et eux, ils restent plantés dans les années 2010. C’est pathétique. Et ils s’en vantent ?
je ne suis pas koweitien mais je trouve ca tres interressant. dans mon pays on a pas de banque mais on a des cryptos. ca marche. mais le koweit a une autre realite. je respecte. cest pas facile de choisir. mais je pense que la technologie doit servir les gens, pas linverse. et le minage… cest vraiment une folie.
En Belgique, on a aussi des banques qui bloquent les transactions crypto, mais c’est juste pour éviter le blanchiment. Ici, c’est différent : c’est une interdiction totale. Le Koweït est le seul pays au monde à avoir fait ça avec autant de rigueur. C’est impressionnant… et un peu effrayant. Mais je dois dire que je comprends la logique. L’énergie, c’est sacré.