Le minage de cryptomonnaie, c’est quoi au juste ? Ce n’est pas un truc mystique réservé aux geeks. C’est un processus technique, physique, et même énergivore qui maintient en vie des réseaux comme Bitcoin. Sans minage, les transactions n’auraient pas de validation, les blocs ne seraient pas chaînés, et les cryptomonnaies n’existeraient pas comme on les connaît. En gros, c’est le travail de fond qui garantit que personne ne triche, que personne ne dépense deux fois la même pièce, et que le système reste décentralisé - sans banque, sans gouvernement, sans intermédiaire.
Comment ça marche, concrètement ?
Imagine que chaque transaction Bitcoin (par exemple, Alice envoie 0,5 BTC à Bob) est écrite sur un morceau de papier. Ces morceaux s’accumulent dans une zone temporaire appelée mempool. Un mineur, c’est quelqu’un qui prend ces transactions, les regroupe en un bloc, et essaie de résoudre un casse-tête mathématique ultra-complexe pour valider ce bloc. Ce casse-tête, c’est une fonction de hachage : il faut trouver un nombre (appelé nonce) qui, lorsqu’il est ajouté au bloc, produit un résultat de hachage qui commence par un certain nombre de zéros. C’est comme trouver la bonne combinaison pour un cadenas à 20 chiffres… sauf que tu en essaies des milliards par seconde.
Le premier mineur à trouver la bonne combinaison gagne. Il ajoute le bloc à la chaîne, et il est récompensé : une partie en nouvelles pièces Bitcoin (la récompense de bloc), et une partie en frais de transaction payés par les utilisateurs. En 2026, la récompense est de 3,125 BTC par bloc - une réduction par deux depuis la dernière halving en 2024. Ce mécanisme est programmé dans le code : la récompense diminue à peu près tous les quatre ans, ce qui limite la création de nouvelles pièces et crée une rareté artificielle.
Quel matériel on utilise ?
Pas n’importe quel ordinateur peut faire ça. Au début, on pouvait miner avec un CPU. Puis avec une GPU, comme celles des jeux vidéo. Aujourd’hui, tout ça est dépassé. Pour Bitcoin, il faut des ASIC - des appareils conçus uniquement pour miner. Ce ne sont pas des ordinateurs classiques. Ce sont des machines spécialisées, comme des imprimantes de hachages. Elles peuvent effectuer plus d’un quintillion (1 000 000 000 000 000 000) d’essais par seconde. Leur efficacité ? C’est ce qui compte. Un ASIC moderne peut produire 100 téra-hashes par seconde (TH/s) en consommant 3 000 watts. Si ton électricité coûte 0,15 € le kWh, tu peux encore faire du profit. Si tu es en France avec une facture à 0,25 €, tu risques de perdre de l’argent.
Les GPU, elles, sont encore utilisées pour miner d’autres cryptomonnaies comme Ethereum Classic ou Ravencoin. Elles sont moins efficaces pour Bitcoin, mais plus flexibles. Tu peux les détourner pour jouer, pour du rendu 3D, ou pour miner un autre coin si le marché change. Mais pour Bitcoin, l’ASIC est roi. Et les fabricants comme Bitmain, MicroBT, ou Canaan lancent de nouveaux modèles chaque année, avec des gains de 20 à 30 % d’efficacité énergétique. C’est une course technologique sans fin.
Le minage solo ou en pool ?
Miner seul, c’est comme jouer au loto avec une seule grille. Les chances de gagner sont minuscules. Avec la difficulté actuelle (plus de 100 trillions), il faudrait des centaines de milliers d’ASIC pour avoir une chance raisonnable de trouver un bloc seul. C’est pourquoi la majorité des mineurs rejoignent des pools de minage. Ce sont des groupes de mineurs qui combinent leur puissance. Quand un bloc est trouvé, la récompense est partagée entre les participants, proportionnellement à leur contribution. Cela rend les revenus plus réguliers, même si plus faibles. Les pools les plus grands - comme Foundry USA, Poolin, ou AntPool - contrôlent ensemble plus de 50 % de la puissance totale du réseau Bitcoin. Certains s’inquiètent : est-ce que ça ne rend pas le réseau trop centralisé ?
La difficulté s’ajuste automatiquement
Le réseau Bitcoin n’est pas statique. Il s’adapte. Tous les 2 016 blocs - environ deux semaines - la difficulté du minage est recalculée. Si plus de puissance arrive sur le réseau, la difficulté augmente. Si des mineurs partent (parce que l’électricité devient trop chère, ou que le prix du Bitcoin baisse), la difficulté diminue. L’objectif ? Toujours faire en sorte qu’un bloc soit trouvé en 10 minutes. C’est une mécanique intelligente. Elle garantit que même si le nombre de mineurs double, le rythme de création des blocs reste stable. C’est ce qui rend le système prévisible et sécurisé.
Énergie, environnement, régulation
Le minage consomme beaucoup d’électricité. Selon l’Université de Cambridge, le réseau Bitcoin consomme environ 120 térawattheures par an - autant que la Suisse. Ce n’est pas négligeable. Mais attention : ce chiffre est souvent mal compris. Une grande partie de cette énergie vient de sources renouvelables. Des études de 2025 montrent que plus de 60 % de l’énergie utilisée pour miner du Bitcoin provient de sources durables : hydroélectricité en Norvège, géothermie en Islande, éolien au Texas, ou surplus de production solaire en Arizona. Les mineurs cherchent les endroits où l’électricité est bon marché… et souvent, ce sont les régions où l’énergie est excédentaire.
En revanche, certains pays ont interdit le minage : la Chine en 2021, la Russie en 2023, et plus récemment, la Corée du Sud en 2025. D’autres, comme le Kazakhstan ou les États-Unis, l’encouragent. Le minage devient une industrie à part entière : des fermes entières de ASIC, avec des systèmes de refroidissement par liquide, des transformateurs dédiés, et des contrats d’électricité à long terme. C’est devenu un secteur économique, avec des emplois, des investissements, et même des fonds spéculatifs.
Le futur : vers le proof-of-stake ?
Bitcoin ne changera pas. Il reste sur le proof-of-work. Mais d’autres réseaux, comme Ethereum, ont abandonné le minage en 2022 pour passer au proof-of-stake. Là, pas besoin de puissance de calcul. Il suffit de verrouiller une certaine quantité de pièces pour avoir le droit de valider des blocs. C’est 99 % moins énergivore. Certains pensent que Bitcoin devra aussi évoluer. Mais pour beaucoup, le proof-of-work est la clé de sa sécurité. Pour attaquer Bitcoin, il faudrait contrôler plus de 51 % de la puissance de minage - un coût estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars. C’est un obstacle insurmontable. Et c’est justement ce qui fait sa force.
Peut-on miner chez soi en 2026 ?
Techniquement, oui. Mais est-ce rentable ? Pour un particulier, c’est très difficile. Si tu as une bonne connexion électrique, un local bien ventilé, et un ASIC neuf, tu peux encore tenter le coup. Mais il faut faire les calculs : ton ASIC consomme 3 200 watts. À 0,22 € le kWh, ça fait 7,68 € par jour. En moyenne, il génère 0,0003 BTC par jour. Si Bitcoin vaut 85 000 €, tu gagnes 25,5 € par jour. Soit un bénéfice brut de 17,82 €. Moins les frais de maintenance, la dépréciation du matériel, et la facture d’électricité qui augmente… tu es à peine à l’équilibre. Et si le prix du Bitcoin chute ? Tu perds.
La plupart des mineurs à domicile ont arrêté. Ceux qui restent sont soit des passionnés, soit ceux qui ont accès à une électricité ultra-bon marché - par exemple, des panneaux solaires ou une ferme avec un contrat d’énergie dédié. Pour les autres, le minage en cloud ou l’investissement direct en Bitcoin sont des options plus simples.
Le minage, c’est plus qu’une façon de créer des pièces
Il ne s’agit pas juste de créer du Bitcoin. Le minage est le mécanisme de sécurité du réseau. Chaque hash calculé renforce la chaîne. Plus il y a de mineurs, plus il est difficile de falsifier les transactions. C’est un système de confiance sans confiance. Pas besoin de faire confiance à une banque. Tu fais confiance à la mathématique, à la puissance de calcul, et à l’économie. C’est ce qui rend la blockchain unique.
Le minage n’est pas parfait. Il consomme de l’énergie. Il centralise certains acteurs. Il est complexe. Mais il fonctionne. Depuis 2009, il a permis à Bitcoin de survivre à des krachs, à des interdictions, à des attaques. Il a résisté. Et il continue. Ce n’est pas une technologie du passé. C’est une infrastructure de base, comme l’électricité ou Internet. Et elle fonctionne parce que des milliers de personnes - et des dizaines de milliers de machines - continuent de la faire tourner.
Quelle est la différence entre minage et staking ?
Le minage (proof-of-work) utilise de la puissance de calcul pour valider les transactions et sécuriser le réseau. Le staking (proof-of-stake) consiste à verrouiller des cryptomonnaies pour avoir le droit de valider les blocs. Le minage consomme beaucoup d’énergie, le staking presque aucune. Bitcoin utilise le minage, Ethereum utilise le staking depuis 2022.
Pourquoi la difficulté du minage augmente-t-elle ?
La difficulté augmente pour maintenir un bloc tous les 10 minutes, peu importe le nombre de mineurs. Si plus de puissance entre sur le réseau, les puzzles deviennent plus difficiles. C’est un mécanisme automatique qui garantit la régularité de la création des blocs et la sécurité du réseau.
Est-ce que je peux miner Bitcoin avec ma GPU ?
Techniquement, oui. Mais ce n’est plus rentable. Une GPU moderne produit environ 0,00001 BTC par jour, contre 0,0003 BTC pour un ASIC. En France, avec un prix de l’électricité à 0,22 €/kWh, tu perdras de l’argent en minant Bitcoin avec une GPU. Les GPU sont encore utilisées pour miner d’autres cryptomonnaies comme Ravencoin ou Litecoin.
Quels sont les meilleurs pays pour miner en 2026 ?
Les meilleurs endroits sont ceux où l’électricité est bon marché et stable : le Texas (États-Unis), le Kazakhstan, la Géorgie, la Suède, et certaines régions du Canada. Ces pays ont des tarifs inférieurs à 0,05 €/kWh, souvent grâce à l’hydroélectricité ou au gaz naturel. La Chine n’est plus une option depuis son interdiction en 2021.
Le minage est-il légal en France ?
Oui, le minage est légal en France. Il n’est pas interdit, mais il n’est pas non plus encadré. Tu dois déclarer tes revenus de minage comme des gains imposables. La taxe sur l’électricité ne s’applique pas différemment, mais les installations de grande puissance peuvent nécessiter une autorisation de raccordement électrique. La fiscalité est la principale barrière, pas l’illégalité.
Qu’est-ce qu’une halving du Bitcoin ?
Une halving est une réduction par deux de la récompense en Bitcoin pour la découverte d’un bloc. Cela se produit environ tous les quatre ans, après 210 000 blocs. La dernière a eu lieu en avril 2024 : la récompense est passée de 6,25 à 3,125 BTC. Cela réduit l’offre de nouvelles pièces, ce qui peut influencer le prix. Historiquement, les halvings ont été suivies de hausses de prix, mais ce n’est pas garanti.
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